Campagne d’opposition au recrutement militaire dans les établissements d’enseignement

 Action ″Die-In″ du 24 janvier 2008 du Centre de ressource pour la non-violence (CRNV) suite à l′installation de kiosques de l′Armée canadienne à la station de métro Berri-Uqam.

Action ″Die-In″ du 24 janvier 2008 du Centre de ressource pour la non-violence (CRNV) suite à l′installation de kiosques de l′Armée canadienne à la station de métro Berri-Uqam.

Le Collectif Échec à la guerre a invité la population à se joindre à la Campagne d’opposition au recrutement militaire dans les établissements d’enseignement. Les informations qui suivent présentent les actions de 2007 à 2009, particulièrement celles coordonnées par le Centre de ressources sur la non-violence, une organisation membre du Collectif Échec à la guerre, et de la campagne “Opération Objection


La plus grande campagne de recrutement de l’armée canadienne depuis la 2e Guerre mondiale est en cours. Son objectif est de convaincre chaque année des dizaines de milliers de personnes de joindre les structures militaires que sont les cadets, la réserve et l’armée régulière. Les initiatives de recrutement en milieu scolaire visant à glorifier le rôle des militaires se multiplient : c’est principalement à travers nos écoles que l’armée tente de gonfler ses rangs, autant au primaire, au secondaire qu’au niveau collégial et universitaire.

Dans le cadre de la campagne anti-recrutement, étudiants et enseignants se sont organisés pour freiner le recrutement de l’armée et de ses corps de cadets dans nos écoles. Les principales associations étudiantes et organisations syndicales enseignantes du Québec ainsi que des organismes citoyens œuvrent à mettre un terme à toute forme d’activité militaire dans nos institutions d’enseignement. En plus de limiter considérablement les visites des recruteurs de l’armée dans les cégeps de la province, la campagne a permis d’informer un grand nombre d’étudiants sur les dessous d’une carrière dans l’armée, de faire interdire les activités de l’armée dans plusieurs autres établissements et de soulever le débat sur la question de l’enrôlement pour la guerre. La campagne anti-recrutement a fait réagir l’armée jusqu’au sommet de sa structure, ce qui témoigne de son succès à contrer les activités de promotion militaire.

Les recruteurs exploitent la volonté des élèves du primaire et du secondaire d’occuper un rôle humanitaire et de vivre l’aventure, alors qu’ils les préparent à la guerre via les cadets de l’armée et d’autres mécanismes de recrutement jeunesse. Ils profitent également de l’état de précarité croissant des étudiants du niveau post-secondaire pour leur offrir une formation payée en échange de l’apprentissage du maniement des armes. Ils prennent toutefois bien soin de passer sous silence l’envers de la médaille, que ce soit la perte de libertés citoyennes associées à l’enrôlement, l’état de santé physique et psychologique dans lequel les soldats reviennent d’Afghanistan, les mutilés, les suicides, les réfugiés et autres « dommages collatéraux ». Jamais les recruteurs ne parlent aux étudiants de la souffrance psychologique chez les militaires, des véritables raisons de la guerre, de pourquoi l’armée manque cruellement de recrues et ils ne disent jamais qu’on ne quitte pas l’armée aussi facilement qu’on y entre.

Le recrutement de l’armée est un enjeu de société qui dépasse largement le domaine de l’éducation : c’est avant tout un effort de propagande de guerre qui nous concerne tous. D’après le discours officiel, la campagne de recrutement vise à provoquer un « changement de culture » au sein de la société canadienne et à faire accepter une présence plus grande du secteur militaire dans nos vies. C’est donc un outil visant à justifier l’augmentation considérable des dépenses militaires et l’engagement du Canada dans des guerres d’occupation au détriment des services sociaux et d’une réelle coopération internationale, ce que désapprouve la majorité de la population québécoise et canadienne.

Mettre un frein au recrutement militaire dans les écoles, c’est un moyen d’éviter que des vies soient détruites inutilement suite à un enrôlement basé sur des mensonges et la manipulation. C’est aussi refuser de laisser l’armée exploiter nos environnements scolaires comme vitrine de promotion de guerres qui ne profitent qu’aux pétrolières et aux marchands de canons.

Que vous soyez étudiant, enseignant, parent, intervenant jeunesse ou seulement citoyen opposé à au militarisme, vous pouvez contribuer à l’opposition au recrutement militaire dans les écoles. Voici comment.

Démilitarisons nos écoles !

Pour plus d’informations :
Campagne d’opposition au recrutement militaire : www.AntiRecrutement.Info
Dossier d’information : Le recrutement militaire et nos écoles

Communiqué du Centre de ressources sur la non-violence “Lancement d’une campagne étudiante d’opposition au recrutement militaire”

MONTREAL, le 22 août 2008 /CNW Telbec/ – Une campagne nationale d’opposition au recrutement militaire dans les établissements d’enseignement vient d’être mise sur pieds par le Centre de ressources sur la non-violence en partenariat avec de nombreuses associations étudiantes collégiales.

La campagne vise à informer les étudiants sur les contraintes d’une carrière militaire et à dénoncer la militarisation de nos écoles. Du matériel d’information a  été produit et est distribué massivement dans les cégeps et universités partout au  Québec. La campagne consiste également à mettre un terme à la présence de la publicité et des kiosques de recrutement de l’armée dans les établissements d’enseignement : les associations étudiantes entreprennent les moyens nécessaires pour enrayer le problème.

Les Forces canadiennes sont actuellement dans leur plus vaste campagne de recrutement depuis la Seconde Guerre mondiale et ciblent surtout les étudiants. La présence militaire est d’ailleurs de plus en plus visible sur les campus.  Mathieu Lévesque, de l’Association étudiante du Cégep de St-Jérôme , déclare : « A l’aube du dégel des frais de scolarité, la perspective d’une formation entièrement payée par l’armée représente de plus en plus d’attrait pour les étudiants qui ont peu de moyens. L’éducation publique doit être gratuite et accessible à tous. Nous revendiquons du financement pour l’éducation, pas pour l’occupation ! ».

La campagne d’opposition au recrutement militaire dénonce le fait que les investissements dans l’armée se produisent au détriment de l’accessibilité de l’éducation publique.

 -30 –

Renseignements:
Alexandre Vidal, Centre de ressources sur la non-violence, crnv@nonviolence.ca


Pour d’autres informations:

  1. Article du Journal Alternatives de janvier 2008
  2. Dossier produit en 2007 par le Centre de ressources sur la non-violence
  3. Détails sur les actions de janvier 2008
  4. Rapport de mars 2007 des Forces Armées canadiennes sur le recrutement