Infolettre no 29 (recension 1)

Recension de livre écrite par Jean Baillargeon

Le Sud global : acteur d’un nouvel ordre mondial

Jocelyn Coulon, Nabil Jaafari et Malik M’Silti, Éditions Somme toute/Le Devoir, 2026, 192 pages

Le Sud global : acteur d'un nouvel ordre mondial, de Jocelyn Coulon, Nabil Jaafari et Malik M’Silti (2026)
Le Sud global : acteur d’un nouvel ordre mondial, de Jocelyn Coulon, Nabil Jaafari et Malik M’Silti (2026)

Dans cet essai signé Jocelyn Coulon, un journaliste au quotidien Le Devoir, un auteur, un enseignant et un ex-conseiller d’un ministre des Affaires étrangères sous Justin Trudeau, Nabil Jaafari, un ex-analyste  au gouvernement sur l’engagement international du Canada et un chercheur à l’Institut pour la paix et la diplomatie, et Malik M’Silti, un chercheur en relations internationales, un assistant d’enseignement à l’Université d’Ottawa et un collaborateur au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), les auteurs nous font découvrir que le Sud global, qui n’était qu’un concept abstrait, sans cadre ni structure à la fin des années 1960, est réapparu à la fin du siècle dans différentes analyses. Le concept est en train de se définir face au monde occidental qui a tenu depuis des siècles les rênes de l’ordre mondial.

Ce qui fait réellement réapparaître le concept, au-delà des cercles intellectuels, c’est le moment où est déclenchée la guerre en Ukraine. Le fait qu’un très grand nombre de pays refusent d’appliquer des sanctions contre la Russie en dévoile l’existence au grand public au travers des médias qui s’interrogent. Depuis lors, il est un sujet d’étude plus fréquent, et ce livre nous révèle pourquoi.

On situe d’abord le Sud global en rapport avec le Mouvement des non-alignés, né sous l’impulsion du Yougoslave Tito, de l’Égyptien Nasser et de l’Indien Nehru, et déjà beaucoup plus structuré malgré la diversité des 25 pays le composant au départ, en 1961. On y parle aussi d’un G77 qui est un regroupement de pays au sein de l’ONU qui tente d’orienter les discussions pour faire valoir les intérêts des pays dits autrefois du « Tiers-Monde ». Ces pays veulent faire bouger la structure sclérosée de l’organisation.

On complète l’évaluation du concept de Sud global à l’aune de l’apparition récente des BRICS+, composé au départ du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, comptant maintenant 11 membres. Ces pays seraient alors devenus en quelque sorte les leaders de ce Sud global. Des tableaux chiffrés montrent bien la nouvelle place que prend, économiquement tout autant que militairement, ce Sud global qui émerge. On termine en expliquant que ce qui caractérise la tendance principale de cette émergence est le « multialignement »; ce qui signifie que chacun de ces pays cherche librement le maximum d’avantages à obtenir de l’un ou de l’autre, ou même des pôles économiques dominants que sont particulièrement la Russie, la Chine et les États-Unis.