Suite aux efforts soutenus d’un groupe de citoyen·nes de Verdun voulant rendre hommage au dramaturge et militant verdunois David Fennario (1947-2023), fort de lettres d’appui des auteurs Michel Tremblay et Dany Laferrière, la Commission de la toponymie de Montréal a finalement accepté leur demande. Le 1er octobre 2025, l’arrondissement de Verdun de la Ville de Montréal a donc inauguré la Place Balconville, en son honneur. Ce nouveau nom désigne l’espace public situé à l’angle du boulevard LaSalle et des rues Argyle et Wellington, près du lieu imaginé par le dramaturge David Fennario pour sa célèbre pièce Balconville (1979).
David était aussi un militant antimilitariste de longue date, ayant participé à de nombreuses actions du Collectif Échec à la guerre. Vous trouverez ci-dessous l’allocution prononcée par Martine Eloy, porte-parole du Collectif, lors de l’inauguration de la Place Balconville.

David Fennario était connu comme un défenseur de la justice sociale et des droits des plus démunis. Mais nous avons surtout connu David comme fervent militant antimilitariste. Il a connu les horreurs de la guerre indirectement, par l’intermédiaire de ses parents, et n’a jamais cessé de lutter contre l’horreur et la bêtise de la machine de guerre, qui a notamment été le sujet de sa célèbre pièce Bolcheviki. Puis dans sa dernière pièce, Motherhouse, David Fennario a mis en scène la vie des femmes employées pour produire des munitions, ici même à Verdun, durant la Première Guerre mondiale. Dans cette pièce, il dénonce un système fondé sur le profit aux dépens du bien-être de la population.
David Fennario a été un fidèle sympathisant du Collectif Échec à la guerre depuis sa fondation en 2003. Il nous avait invité à distribuer des coquelicots blancs lors de la présentation de sa pièce Bolsheviki en 2012, et même en fauteuil roulant, il a participé à plusieurs des vigiles que nous avons organisées pour un Jour du souvenir antimilitariste à la mémoire de toutes les victimes des guerres. Rappelons-nous qu’aujourd’hui plus de 80 % des victimes des guerres sont des victimes civiles.
Dans le contexte actuel de la montée effrénée de la militarisation, nous espérons être de plus en plus nombreux à nous inspirer de la pensée de David Fennario. Comme il a dit :
« Vivre seulement pour soi-même est une impasse, en fauteuil roulant ou pas. Vivre pour les autres et avec les autres, voilà ce qui fait de chacun de nous un être humain. »
Merci à David pour ces paroles si inspirantes et à propos dans le monde d’aujourd’hui!