Invitation: Participez aux audiences populaires pour le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan – Le 9 février 2008

Le 9 février 2008 au Centre St-Pierre, 1212 Panet  (métro Beaudry)
Salle 100 (Marcel-Pepin)Organisé par : Le Collectif Échec à la guerreÀ : tous les organismes de la société civile québécoise préoccupés par la guerre en Afghanistan et par la militarisation de la politique étrangère du Canada

L’année 2007 s’est terminée par la visite de Noël à Kandahar du ministre canadien de la Défense, Peter McKay, du Chef d’État-major de l’armée canadienne, Rick Hillier, et… de l’ambassadeur des États-Unis au Canada.Moins de deux semaines après la conférence de Bali où le Canada s’était totalement discrédité en reprenant les thèses de George Bush contre l’accord de Kyoto, ce fut au tour du ministre McKay d’être l’écho d’autres aberrations bushiennes : la majorité des soldats canadiens tués en Afghanistan seraient tombés victimes d’armes fournies… par l’Iran !

Le partenariat politique et militaire entre le Canada et les États-Unis continue donc de s’approfondir, tant dans les faits que dans le discours. Et alors que la guerre en Afghanistan dure depuis octobre 2001, le gouvernement conservateur veut obtenir un nouveau mandat pour prolonger l’intervention militaire canadienne dans ce pays jusqu’en février 2011.

À cet égard, en octobre dernier, il a mandaté un Groupe d’experts indépendant sur le futur rôle du Canada en Afghanistan, mieux connu sous le nom de Comité Manley, pour lui faire des recommandations sur « l’engagement du Canada au-delà de 2009 ». Son rapport est attendu le 28 janvier prochain mais le sens de ses recommandations ne faisait déjà aucun doute dès sa création.

Un processus anti-démocratique

En effet, alors que la population canadienne est profondément divisée sur la question de l’intervention militaire canadienne en Afghanistan et que la population québécoise y est largement opposée, on ne peut qu’être frappé par l’absence totale de transparence et de consultation publique véritable sur un enjeu de cette importance. En tant que groupe “d’experts”, le Comité Manley “consulte” et fait rapport. Il n’y a aucune audience publique. Les rencontres que le comité tient avec certains organismes sont privées; aucun média n’y est présent et les organismes doivent s’engager à ne rien divulguer des questions ou commentaires des membres du Comité sur leur présentation. Le public avait à peine un mois et demi (jusqu’au premier décembre 2007) pour soumettre des propositions au Comité… par Internet, soumissions que l’on ne peut non plus consulter sur le site Internet du Comité (http://www.independent-panel-independant.ca/main-fra.html) qui n’offre aucun contenu en dehors du mandat du comité et de notes sur ses membres.

Des experts… du partenariat sacro-saint avec les États-Unis

Les cinq membres du groupe d’experts sont : « John Manley, ancien vice-premier ministre du Canada et ministre des Affaires étrangères qui agira à titre de président; Derek Burney, ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis; Pamela Wallin, ancienne consule générale du Canada à New York; Paul Tellier, ancien greffier du Conseil privé, et l’honorable Jake Epp, ancien membre du Cabinet fédéral ».

Alors que les médias ont surtout souligné l’habileté de Stephen Harper d’avoir choisi une des figures de proue du Parti libéral du Canada comme président du comité, ils ont oublié de mentionner qu’il était considéré comme un “faucon” sur les questions de guerre au sein du PLC. Mais ils ont surtout passé sous silence les liens très étroits qui unissent ces cinq “éminents Canadiens”, qui siègent aux conseils d’administration de plusieurs grandes corporations canadiennes, dont des entreprises du secteur militaire ou pétrolier; que John Manley a présidé le Task Force on the Future of North America, qui a recommandé en 2005 l’union économique des États-Unis, du Canada et du Mexique et était l’un des deux grands promoteurs de la “frontière intelligente”, avec Tom Ridge, l’ancien secrétaire du Homeland Security aux États-Unis; que Derek Burney, alors qu’il était président et chef de la direction de CAE, a fait partie du Groupe d’action des chefs de direction sur la sécurité et la prospérité nord-américaine qui a entraîné le gouvernement canadien dans la voie du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP), etc.

L’importance d’une vaste mobilisation populaire anti-guerre

Il est d’ores et déjà acquis que les propositions qui émaneront de ce groupe d’experts ne remettront pas en question le partenariat militaire du Canada avec les États-Unis en Afghanistan. En fait, elles seront aux antipodes des positions d’une forte majorité de QuébecoisES qui, selon un sondage de Léger Marketing en juin dernier (http://www.legermarketing.com/documents/SPCLM/070620FR.pdf)

  • étaient en désaccord avec l’envoi des troupes de Valcartier (à 70 %);
  • demandaient le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan (avant 2009, à 62%, et même immédiatement, à 41%);
  • pensaient que l’intervention canadienne en Afghanistan avait d’abord pour but le maintien de bonnes relations entre le Canada et les États-Unis (à 62%).

Il est également important de constater que les divergences exprimées tant par le Bloc Québécois que par le Parti Libéral du Canada concernant la politique du gouvernement conservateur sur la guerre en Afghanistan ne reflètent pas les positions exprimées par la grande majorité du peuple québécois dans ce sondage : la simple promesse d’un retrait prochain de Kandahar, d’un meilleur partage des risques et des “sacrifices” entre les pays de l’OTAN, d’un rééquilibrage de la “mission” entre le militaire et l’humanitaire suffirait en effet à apaiser les critiques de ces deux partis…

Si nous voulons en finir avec la guerre et le militarisme, avec les atrocités, la destruction, la dévastation et le gaspillage qui en résultent, il est donc impérieux que les citoyenNEs et les organismes de la société civile expriment haut et fort leur volonté à cet égard et fassent cesser les tergiversations politiciennes. Alors qu’il y aura vraisemblablement déclenchement d’élections fédérales assez tôt en 2008, nous devons faire en sorte que le retrait des troupes canadiennes en soit un enjeu majeur.

Participez aux audiences populaires

C’est en vue de contribuer à cet objectif que le Collectif Échec à la guerre appelle les organismes de la société civile québécoise à participer à des audiences populaires pour le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan. Ces audiences serviront à faire entendre la voix de la majorité de la population québécoise qui s’oppose à cette guerre et à critiquer tant le processus que les recommandations du Comité Manley, qui auront été rendues publiques une dizaine de jours plus tôt.

DATE :      Samedi, le 9 février 2008
LIEU :        À Montréal, au Centre St-Pierre, 1212 Panet, Salle 100 (Marcel-Pepin)
HEURE:   de 9h30 à 16h30
… et peut-être aussi en région, selon la disponibilité de forces locales pour l’organiser…

APPEL À LA SOUMISSION DE MÉMOIRES

Nous appelons tous les ORGANISMES de la société civile québécoise qui s’opposent à l’intervention militaire canadienne en Afghanistan à venir exprimer leurs opinions et leurs préoccupations, générales et spécifiques, sur cette guerre et tout ce qu’elle implique.

Longueur du mémoire :  de une à vingt pages
Langue :  français ou anglais
Deux échéances :  le 9 février, pour la remise du mémoire écrit et le 26 janvier, pour signifier votre engagement formel à venir présenter un mémoire

DÉROULEMENT

Le déroulement précis des audiences sera établi plus tard, quand nous connaîtrons le nombre exact d’organismes intéressés à présenter des mémoires. Mais on peut, d’ores et déjà, prévoir une période d’ouverture, suivie par les présentations des divers organismes à un groupe de “commissaires” et, le cas échéant, quelques échanges.

Les audiences seront, bien sûr, un événement où public et média seront conviés. À Montréal, elles se dérouleront en français et un service de traduction simultanée sera disponible du français vers l’anglais (dans l’autre sens, pour les mémoires soumis en anglais).

En conclusion, nous sommes conscients que les échéances pour un tel événement sont très serrées, mais nous croyons qu’il est indispensable de faire clairement entendre les points de vue de la majorité de la population québécoise et de dénoncer le procédé opaque choisi par le gouvernement conservateur pour éviter un véritable débat public sur la guerre en Afghanistan et pour se faire servir les recommandations “indépendantes” qu’il désire.

En 2008, faisons enfin échec à la guerre en Afghanistan !

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